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Engagée dans une Mission handicap depuis près de dix ans, Coallia, association créée en 1962 et qui regroupe 3 000 salariés, obtient des résultats concrets et positifs notamment sur le maintien dans l’emploi ou la reconnaissance du handicap.

Christine Duchemin, Directrice des Ressources Humaines de Coallia et Isabelle Olivier, Chargée de développement RH et référente handicap au sein de la Direction des Ressources Humaines de Coallia, toutes deux intervenantes impliquées dans la Mission handicap lancée par Coallia nous racontent son histoire, son évolution et ses effets.


Mission handicap : sensibiliser et accompagner

La création de la Mission handicap de Coallia semble trouver sa source dans la signature en 2008 de l’accord dédié à l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées.

La « Mission handicap répond à des problématiques [sociales] et aux valeurs de Coallia, à savoir : une posture d’ouverture et d’humanisme intégrée dans les politiques managériales et RH, qui ont un rôle de prévention de la situation de handicap par rapport aux métiers difficiles des établissements », explique Christine Duchemin.

« Cette mission intervient au niveau de l’association au sens large en communiquant sur l’existence de la Mission handicap, son rôle, l’importance de faire tomber les idées reçues autour du handicap, mais aussi au sein des établissements pour les accompagner à répondre à leur obligation légale. L’association réalise également du suivi individualisé en fonction de la situation du collaborateur, de la thématique qui se présente, de l’adaptation de poste nécessaire et des aménagements indispensables. L’intervention est différente en fonction de la population concernée », précise Isabelle Olivier.


© Cécile Lisbonis.


L’impact de l'OETH sur la Mission handicap : flexibilité et agilité

Coallia possède 215 sites, dont 13 sont rattachés à l’OETH (Fehap). Les autres sites dépendent de l’Agefiph.

Le rattachement des 13 sites médicaux-sociaux à l’OETH s’est opéré début 2017. Coallia à découvert les différents dispositifs proposés par l’OETH : « J’ai eu la chance de pouvoir participer à la formation Référent handicap dispensée par l’OETH. Cela m’a donné une visibilité plus fine de son organisation et des accompagnements pouvant être installés en fonction des situations. C’est un point positif, car quand une situation se présente, nous avons en tête les possibilités d’actions. Cela donne une flexibilité et une agilité dans le traitement simple du contexte. Suite à la connaissance de l’OETH, une communication dédiée a été faite sur les sites concernés quant à la possibilité de recevoir une prime de 500 euros pour les collaborateurs faisant part de leur titre de reconnaissance de la qualité de travailleurs handicapés (RQTH). Cela a eu un effet positif, puisque 4 collaborateurs ont pu en bénéficier. D’autres dossiers arrivent et je vais me rapprocher de la conseillère OETH afin que nous puissions travailler ensemble sur les sujets », indique Isabelle Olivier.


Aller plus loin avec un interlocuteur bienveillant et à l’écoute

Coallia utilise plusieurs outils pour mener à bien sa Mission handicap, en ayant à cœur de faire avancer positivement les mentalités concernant le handicap au travail. Un interlocuteur est dédié aux collaborateurs.

En fonction de la cible et de l’objectif que l’on souhaite atteindre, Coallia a recours à des outils différents : « Dans un premier temps, une campagne d’affichage a été réalisée dans l’ensemble des établissements pour traiter des idées reçues, infondées autour du handicap afin de les faire tomber. En lien avec les valeurs et la politique RH de notre association, nous avons souhaité aller plus loin dans la démarche en faisant connaître davantage la Mission handicap. Une communication a permis de mettre en avant auprès de tous les collaborateurs de la disponibilité d’un interlocuteur auprès de qui il est possible de se confier, d’être écouté en toute confidentialité. Cette communication a été mise en œuvre récemment à l’aide d’un flyer à l’intention des collaborateurs, qui leur a été adressé avec leur bulletin de paye. Nous avons eu 15 retours en 15 jours », souligne Isabelle Olivier.

Christine Duchemin observe que les choses ont bougé et que les paroles se sont libérées.

« En parallèle de ces actions, un travail de communication avec des interventions en réunions de Direction a été effectué afin de présenter la Mission handicap, sensibiliser les managers à propos de la question du handicap au travail et les suivre pour qu’ils répondent à leur obligation légale. Les établissements rencontrant des soucis sur ce sujet ont bénéficié d’un accompagnement renforcé (mise en relation avec des partenaires locaux…) pour qu’ils se sentent concernés par la thématique et que nous leur donnions des clés de compréhension », explique Isabelle Olivier.

« Les instances représentatives du Personnel via le Comité d’Entreprise ont reçu ces informations. Une commission ad’hoc du CE comprenant 6 participants (des membres au sein du CE et des salariés non élus) est associée à l’instauration de toutes les actions », ajoute Christine Duchemin.


Le collaborateur en situation de handicap au centre de l’action

L’association a des résultats positifs car c’est le collaborateur qui est, avant tout, pris en considération.

« En 2016, les contributions ont baissé de 20 %. Les chiffres et les retours des collaborateurs montrent que Coallia est dans un élan positif et que les résultats sont là. Le collaborateur doit être au centre de l’action. Les aménagements matériels des postes s’élèveront à 10 pour 2017. Une Mission handicap a du sens si le collaborateur y trouve un sens. Il décide seul de communiquer ou pas sur le fait qu’il soit reconnu travailleur handicapé. Derrière, il faut mettre en place les actions nécessaires pour répondre à sa situation. L’association rentre dans une phase de développement de sa Mission handicap et d’accompagnement renforcé auprès des collaborateurs concernés », précise Isabelle Olivier.

« L’association a évolué. L’an passé, il n’y avait qu’un poste aménagé » observe Christine Duchemin. « La Mission handicap était moins identifiée. Aujourd’hui, un collaborateur est plus à l’aise pour nous téléphoner et expliquer sa situation. Les managers appellent directement pour partager une situation qui les interpelle » poursuit Isabelle Olivier. « Une boîte mail est également dédiée. Il s’agit d’une véritable politique d’entreprise» relève Christine Duchemin.


Inscrire la communication, sur le handicap au travail, dans le temps…

Introduire des communications récurrentes est indispensable pour ne pas oublier les travailleurs handicapés.

« Il faut remettre en lumière le sujet de façon ininterrompue afin qu’il reste dans les esprits et en vigilance de façon permanente, par la communication et les actions. Le travail porte ses fruits en termes de baisse des contributions et de hausse des collaborateurs suivis », considère Christine Duchemin.

Nous pensons qu’il convient de « communiquer de façon équilibrée pour que ce ne soit pas perçu de manière négative. Il faut trouver le bon dosage sur ce sujet. »

Les mots de la fin reviennent à Christine Duchemin : « Doubler le nombre de salariés accompagnés est à la fois très positif et insuffisant. Coallia doit absolument poursuivre sa prévention, accompagner ses collaborateurs pour maintenir leur bien-être au travail et anticiper des reclassements. Les efforts doivent être poursuivis. »
 

L’association Coallia a été créée en 1962. Elle est née à l’initiative de hauts fonctionnaires, dont Stéphane Hessel, pour former les populations destinées à retourner dans leur pays d’origine et accompagner ainsi le développement. Coallia évolue rapidement pour répondre à des problématiques sociales nationales comme opérateur privé sans but lucratif avec des valeurs d’accompagnement des publics. Elle s’oriente ensuite vers l’hébergement des travailleurs issus des pays défavorisés et vivants dans des conditions difficiles. Elle s’occupe des demandes d’asile pendant les conflits dans le Sud-Est asiatique et récemment dans le cadre de la crise syrienne et des migrations provenant de Syrie. Ces dernières années, le secteur médico-social se développe avec l’accompagnement des personnes dépendantes dans les établissements habilités « aides sociales » et l’accueil de personnes en situation de handicap.


Site internet de Coallia : www.coallia.org

 

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